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TOMBE DE SAINT LENARD (1867)

entree tombeau st LEONARD 1

Le Lénard répandait la terreur dans toute la contrée et on se servait de son nom pour rendre plus docile les enfants peu sages. On dit même que ce loup garou n'avait pas hésité à tuer un paysan aux champs pour lui voler son casse croûte.

 

Un jour qu'il se promenait dans le bois de la Bau, il prit et mordit une pomme (selon le recteur d'Andouillé), une poire (selon Gébillot) et la trouvant si amère et mauvaise, il la jeta loin de lui, malgré qu'il avait soif, puis il en cueillit une autre qu'il plaça entre les branches d'un chêne pour voir si elle deviendrait meilleure en mûrissant. Quelques temps après, repassant auprès du chêne, il se souvint du fruit, le reprit, et le goûta. Le fruit était si savoureux qu'il le mangea tout entier.

 

En même temps, il pensa que De mauvais, il pouvait devenir bon. "Oh! mon dieu", dit-il, tout s'amende dans la nature, il n'y a que moi qui ne deviens pas meilleur. Désormais, je ne veux plus faire que du bien." Il résolut de se corriger lui même et de faire à l'avenir autant de bien qu'il avait fait de mal dans le passé. Un même moment, le briguant touché par la grâce décida donc de venir un "héros positif", le hasard voulut qu'il trouva, non de là, un charriot embourbé, dont le charretier était, le fils du paysan qu'il avait tué.

 

Lénard proposa ses services non sans susciter une méfiance bien compréhensible vu ses antécédents. Mais pendant qu'il était arcquebouté contre une roue, le jeune paysan, le frappa à la tête, par derrière avec un gros morceau de bois. Juste avant de mourir le larron eut, le temps d'expliquer à son meurtrier sa méprise. Le jeune paysan se rendit compte alors qu'il venait de tuer un "Saint". Ensuite, il l'enterra sur la lande où il était tombé, et mis sur le fossé une grosse pierre.

 

 

Cependant, au bout de quelques temps le bruit se répandit que Lénard était mort en odeur de sainteté, et qu'il faisait des miracles. Ce fût le peuple qui, sans aucune assistance de Rome, se chargea de la canonisation de Saint Lénard, et son tombeau devint ainsi le lieu de pèlerinage où l'on venait implorer la guérison des malades. Toutefois, des gens sont septiques à l'endroit de la béatification de Lénard et l'on raconte qu'un cantonnier passant devant le champ où Lénard avait été inhumé, prononçait ces paroles peu respectueuses:

 

« Saint Lénard, Si tu as des pouvoirs, Fais le voir, Fais moi tortillard! »

 

Dès la nuit suivante, il fut pris de douleur rhumatismale et devint boiteux. Il fit alors voeux, s'il obtenait sa guérison, de bâtir un tombeau au Saint dont il avait mis la parole en doute; et son rhumatisme ayant cessé peu après, il accomplit sa promesse. De fait, connu dans le pays, contribua à affirmer la réputation de Saint Lénard, mais il a aussi celle de faire payer l'ironie. Ainsi, un goutteux d'Andouillé revenu de pèlerinage, portant ses béquilles sous le bras, fêta trop généreusement sa guérison, s'étant moqué de Saint Lénard, il fût condamné à reprendre ses béquilles, et retourna bien souvent en vain sur la tombe.

 

On est ici à la lisière du monde des sorts et de l’envoûtement, autre continent insoupçonné tel que le dossier de Lénard alias Saint Léonard, reste bien mince. Son nom devait être en réalité un surnom dans la mesure où il avait élu domicile dans les ruines d’une chapelle édifiée à Saint Léonard, situé dans le bois de Borne. Le lien avec la chapelle apporte une mince précision chronologique puisqu’elle était mentionnée en 1580 comme appartenant au seigneur d’Andouillé. A l’époque où elle était desservie par un châtelain, fréquentée par les pelerins et une assemblée s’y tenait en fête de pentecôte



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